Vous trouverez ci-dessous des élements offrant une vision éclectique de la céramique contemporaine.

Des termes, oeuvres et artistes choisis par nos médiatrices pour permettre une découverte cohérente et éclairée de chacune des salles du parcours.

André Metthey & Jean Puy | Taxile Doat | Marie Talbot

Coup de Coeur !

André Metthey (1871-1920) et Jean Puy (1876-1960)

C’est à la demande d’Ambroise Vollard que Jean Puy collabore entre 1906 et 1910 avec André Metthey un des plus importants potiers de sa génération.

Jean Puy a créé une quarantaine de céramiques dans l’atelier de Metthey à Asnières, principalement entre 1906 et 1907. D’autres artistes de la génération émergente, le plus souvent liés à Ambroise Vollard, s’associent à ce projet : Matisse, Derain et Vlaminck entre bien d’autres. André Metthey orchestre le travail et en suit toutes les étapes, de la création des pièces jusqu’à la sortie du four.

André Metthey, dont l’œuvre très importante reste encore très largement à redécouvrir, figure parmi les potiers les plus novateurs du début du XXe siècle : il a renouvelé l’art de la faïence, en promouvant la collaboration entre artisan et artiste. Ce mouvement inédit trouve un écho durable auprès de grands artistes comme Dufy, Chagall, Miró, Lurçat ou Picasso.

La technique

André Metthey met à la disposition de chaque artiste, une forme - assiette, vase, plaquette - à l’état de biscuit ayant subi une première cuisson. L’objet est trempé dans un bain d’émail qui permet de le rendre imperméable, de fixer les couleurs lors de la cuisson. Après un court séchage, le peintre intervient et compose son décor à partir d’émaux dilués. L’artiste ne dispose que de quelques couleurs à base d’oxydes résistants à la forte cuisson dite de grand-feu, autour de 1 000 degrés : le jaune, le bleu, deux verts, un violet et un peu de rouge. La plus grande dextérité du peintre est requise, il doit faire preuve d’agilité et de rapidité dans l’exécution du motif peint au pinceau ou à la brosse. Cette économie de moyens permet de rendre toute sa force à la composition peinte en allant, avec efficacité, vers l’essentiel du rendu.

Orphée charme les monstres, 1907, faïence de grand feu

Ici, la fantaisie est de mise : Orphée; poète légendaire, charme de son chant et de sa lyre, lions et léopards mais aussi la belle naïade au premier plan, à gauche. Sous cet aspect joyeusement ludique, la technique est pointue. Jean Puy joue avec le sujet et un trait rapide.

Le peintre, doit être agile dans l’exécution du motif peint au pinceau ou à la brosse et aller à l’essentiel, sans artifices. La pièce en terre est cuite une première fois, puis trempée dans un bain d’émail dont le rôle sera de fixer la couleur et de donner un aspect vernissé à la pièce. L’émail est encore humide quand l’artiste intervient et il doit poser son décor avant qu’il ne soit sec. Il ne dispose que de quelques couleurs à base d’oxydes : le jaune, le bleu, deux verts, un violet et un peu de rouge. Une fois le travail réalisé, la pièce est cuite une dernière fois autour de 1 000° C.

Les mots de l'expo

Argile : roche sédimentaire meuble qui une fois imbibée d’eau, forme une pâte plus ou moins plastique qui peut être façonnée. Cette pâte durcit à la cuisson et devient une céramique. Cette matière regroupe différentes terres ; vous trouverez donc trois exemples dans cette salle : le grès, la faïence, la porcelaine.

Céramique : premier « art du feu », la céramique désigne l’ensemble des objets fabriqués en terre cuite qui ont subi une transformation irréversible au cours d’une cuisson à température plus ou moins élevée. Ce mot provient du grec ancien kéramos qui signifie « terre à potier » ou « argile ». On distingue deux grandes catégories de céramique : à pâte poreuse (terres cuites et faïences) et à pâte imperméable (porcelaines et grès).

Flammé : les couleurs sont variées dans les tons. C’est à la cuisson que ces variations sont possibles. Soit par la flamme (bois ou gaz) ou bien, soit en modifiant l’atmosphère du four

Porcelaine :venue de Chine, elle est constituée d’une argile pure : le kaolin. Les pièces subissent une première cuisson à moins de 1 000° C et restent blanches. Une deuxième cuisson à 1 300 °C environ est nécessaire après la pose d’un émail transparent. Une troisième, à basse température, fixe les couleurs peintes pour la décoration de la pièce.

Biographies choisies

Marie Talbot (1814-1874)

Marie Talbot est une céramiste française. Elle est connue pour sa production de grès décorés de scènes en relief. Son œuvre et ses productions sont très influencées par la culture et l'imagerie populaire. Elle appartient à une dynastie de potiers-imagiers qui ont travaillé dans le village potier de La Borne. Les œuvres de Marie Talbot représentent fréquemment des femmes élégantes, dont les superbes parures sont modelées avec une extrême précision. Ses pièces, fait rare dans la poterie populaire souvent anonyme, sont signées « Fait par moi, Marie ».

Taxile Doat ( 1851 - 1939)

Céramiste d'origine britannique, il est une des figures majeures de la céramique française au tournant du XXe siècle. Il a perfectionné les techniques de la porcelaine de grand feu et du décor en pâte-sur-pâte. Ses "recettes" lui permirent d'orner des pièces aux formes personnelles des plus beaux émaux. À partir de 1909, il enseigne à l'Université Saint Louis, dans le Missouri et contribue ainsi à l'expansion de la porcelaine artistique aux Etats Unis

Programmation / Bibliographie

PROGRAMMATION

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SÉLECTION DE LA BIBLIOTHÈQUE DU MUSÉE
  • Musée des arts décoratifs (Bourges): Les pionniers de la céramique moderne : La Borne. Bibliothèque du Musée Joseph Déchelette : Cote 7792 B

Focus

Théodore Deck, Emille Gallé et le naturalisme

Théodore Deck est l’un des céramistes les plus importants de la fin du 19esiècle. Il mêle dans une production éclectique, les arts de son époque, les portraits de personnages illustres, le naturalisme, l’orientalisme, le japonisme ou l’art chinois.Il peint et dessine des éléments vus pendant ses voyages lointains comme au Japon ou en Turquie, par exemple bambous, cerisiers…

Dans les années 1860-1880, il collabore avec de nombreux artistes dans son atelier parisien, rue Vaugirard :  Ernest Carrière (1858- 1908) ou Edmond Lachenal (1855-1948) présents dans cette exposition. Avec Théodore Deck, la céramique est envisagée au même titre qu’un support toilé : le geste de l’artiste est perceptible. Comme un peintre, il a le souci du détail et sait mettre en valeur un décor précis, posé avec une grande minutie.

Emile Gallé, connu pour ses pièces exceptionnelles en verre, pratique aussi la céramique. Créateur de mobilier, ébéniste, passionné par les sciences naturelles, pionnier de l’Art Nouveau, tout comme Deck, son œuvre subit ces multiples influences.  Le décor est très présent, en relief avec sur la hauteur, ces épaisses coulées de couleur gris bleuté, or et rouge, et un socle plus lisse couleur ocre et terre de sienne avec des réhauts d’or, le tout d’inspiration japonisante.

Naturalisme

Théodore Deck dans ses représentations exotiques inspirées par ses voyages et Emile Gallé qui s’est fortement intéressé à la botanique, la floriculture, ou toutes les recherches de son époque concernant le monde végétal ; autant d’éléments que l’on retrouve sur ses verres ou céramiques, mais réinterprétées principalement par des  lignes des stries, des ombres, des marbrures.