Vous trouverez ci-dessous des élements offrant une vision éclectique de la céramique contemporaine.

Des termes, oeuvres et artistes choisis par nos médiatrices pour permettre une découverte cohérente et éclairée de chacune des salles du parcours.

Jean-Pierre Fouilhoux | Françoise Mussel | Anne Verdier

Coups de coeur !

Jean-François Fouilhoux (1947)

Reconnu comme maître céramiste en Chine, Jean-François Fouilhoux a consacré une grande partie de ses recherches à la technique de l’émail céladon, inimitable couleur satinée verte, dont l’origine provient des vases en porcelaine produits en Chine ancienne.

En France, une légende attribue le nom céladon à la couleur verte, en référence au personnage du berger Céladon dans le roman L'Astrée d'Honoré d'Urfé, publié entre 1607 et 1627. Selon cette histoire, le terme aurait été inspiré par les rubans verts portés par le personnage.

Couleur du jade, pierre sacrée d’Asie, la céramique vert céladon devient un enjeu de premier ordre chez l’artiste qui revêt, parfois sur des formes déchiquetées, les teintes délicates de cet émail à la couleur devenue sacrée.

 

Françoise Mussel (1943)

Françoise Mussel est un univers, elle modèle sa vie mais aussi ses rêves et ses cauchemars qu’elle enveloppe d’émaux fondus, explosions de couleurs surexposées à la cuisson. Ces sculptures de femme sont des autoportraits, une mise en scène de ses émotions, des différents âges de la vie. L’âge adulte ou enfance, un arrêt sur ses onze ans, âge marqué par la main de sa mère qui protège chacun de ses visages. Une main protectrice accompagnant un visage en pleurs, un visage barbouillé d’émail qui lui offre une nouvelle peau.


 

Focus

ANNE VERDIER

Actuellement l’une des figures majeures de la scène céramique française, cette biologiste de formation propose des pièces remarquables, de véritables états de matières issus d’une combinaison savante entre matériaux, cuisson et hasards du feu.
À la terre elle mélange entre autres de la chaux, de la porcelaine, du béton réfractaire ou du sable de rivière, et laisse se combiner ces éléments dans le four, sous l’action de la chaleur ; c’est là que les pièces se font sculptures, inattendues, parfois chaotiques, mais toujours d’une grande force expressive, puisant leur beauté dans les imperfections, dans les accidents du feu et de la cuisson.

Biographie choisie

Myriam Mechita (1974)

Diplômée des Arts décoratifs de Strasbourg puis du Centre de formation des plasticiens intervenants en 2000, Myriam Mechita obtient l’agrégation d’arts plastique en 2003 et se lance dans l’enseignement à l’ESAM de Caen.

Myriam Mechita allie dans ses recherches plastiques des matériaux hétéroclites tels que des céramiques, paillettes, broderies ou peinture, eux-mêmes associés à des matières plus brutes comme la terre et le verre.  Ses œuvres se retrouvent alors protagonistes d’une puissante scénographie qu’il faut aborder comme le prolongement des émotions et ressentis de l’artiste, oscillant entre tendresse, amour, violence et mélancolie.

Au fil des expositions, l’artiste crée un alphabet intime qui raconte la vie et les émotions qui la traversent ; l’univers onirique de Myriam Mechita invite à appréhender la complexité et la fragilité de la vie.

 

Programmation & Bibliographie

PROGRAMMATION

FAIRE POUR COMPRENDRE | Ateliers de pratique artistique par Anne Verdier

Anne Verdier est céramiste, elle traite son œuvre, monumentale, de façon spectaculaire en utilisant différents matériaux ensemble (faïence, grès, émaux et porcelaine). La plasticienne propose quatre ateliers inédits et thématiques autour de la céramique contemporaine ! Ces ateliers, intergénérationnels, peuvent être réalisés à 2 ou à 4 mains !

Tout le détail à retrouver ici !

 

SÉLECTION DE LA BIBLIOTHÈQUE DU MUSÉE

Sur Myriam Mechita :

  • Sèvres - Cité de la Céramique 2011 : L'infini en plus ou My name is nobody (tu vas comprendre) : Myriam Mechita à la Cité de la céramique. Bibliothèque du Musée Joseph Déchelette : Cote : 8105 Br

Sur Anne Verdier

  • Guillaume Morel : Anne Verdier : Les Affleurants, [Exposition], Toucy, galerie de l’Ancienne poste, Bibliothèque du Musée Joseph Déchelette : Cote : 8103 Br

Sur le Raku :

  • Camille Virot  : Dossier Raku : exploration version 2, 1985-2003, Bibliothèque du Musée Joseph Déchelette : Cote : 7036 A

Sur Claire Lindner :

  • Marie Maertens : Claire Lindner : L’air est une racine, [exposition], Toucy, Galerie de l’ancienne poste. Bibliothèque du Musée Joseph Déchelette : Cote : 8276 B

Les mots de l'expo

Raku (yaki) : désigne à la fois une dynastie de potiers japonais et une technique de fabrication céramique.

Le raku est une technique de cuisson coréenne développée au Japon à la fin du XVIe siècle. Ce procédé de cuisson rapide (raku signifie cuisson à basse température) fut utilisé par les paysans pour son coût peu élevé, mais d’une grande fragilité. Remarquée par les maîtres de la cérémonie du thé, le raku sera lié à ce rituel de philosophie zen et les artistes japonais vont le sublimer.

Le raku emploie en général du grès chamotté. Après une première cuisson de la pièce, appelée biscuit, l'émail est posé (céruse, silice, borax, kaolin…) L'émaillage est varié et complexe. La pièce est remise au four où elle cuit environ une heure (voire deux) entre 820 et 980° selon le nombre ou la taille.

Puis la céramique subira un choc thermique : ouverture du four dès 900° et sortie des pièces encore incandescentes, ce qui produira par exemple des craquelures ; recouverte de matières naturelles et inflammables (sciures, foin), les céramiques raku se parent de couleurs et de textures très originales.

Parfois, l’enfournement se fait à froid. Les pièces avec une engobe sèche sont aussi placées dans un four préchauffé plus ou moins conventionnel (dans la terre directement) sur un rythme rapide de 15/20 mn ou plusieurs heures, avec une montée lente de la température (800/850°)

Dans les années 1980, les céramistes se réapproprient cette technique ancestrale, on parle alors de raku contemporain. Toutefois les artistes n’intègrent pas la dimension spirituelle d’origine liée à la cérémonie du thé.