Vous trouverez ci-dessous des élements offrant une vision éclectique de la céramique contemporaine.

Des termes, oeuvres et artistes choisis par nos médiatrices pour permettre une découverte cohérente et éclairée de chacune des salles du parcours.

Paul Beyer | Elizabeth Joulia | André Marfaing

Coups de coeur !

Paul Beyer (1873-1945)

Artiste majeur du grès, Paul Beyer s’installe à La Borne et redynamise ce village de potiers. Son travail influence nombre de jeunes potiers dans la voie de la céramique artistique et sculpturale. Paul Beyer est connu pour ses cuissons au sel, pour ces pièces aux formes archaïques qui rendent hommage à la densité de la matière, tout en épaisseur. L’ajout de sel à la cuisson, les pépites de fer... sont autant d’effets recherchés pour donner une valeur décorative à ses pièces.  Innovation, esthétique, technique... Paul Beyer est sur tous les fronts de cet art. Il marque la profession en créant un four à bois à flammes renversées d’après les plans de Louis Delachenal (four de Sèvres) : un appareil de petite capacité qui permet des recherches individuelles et qui se répand rapidement chez les potiers. Il sera même implanté à l’école des Beaux-Arts de Bourges par le couple Lerat pour leur enseignement de la céramique. 

 

Elisabeth Joulia (1925 -2003)

En entrant dans la salle, les chefs d’œuvre d’Elisabeth Joulia attirent immédiatement le regard. Des vases surdimensionnés qui s'imposent comme cette artiste a pu le faire dans un univers majoritairement masculin. Joulia c’est un grand nom de la céramique, une figure de La Borne.

Son Vase en forme d’amande, œuvre iconique surdimensionnée, témoigne de sa recherche de l’essentiel, dépouiller la pièce de tout superflu pour ne garder que l’intervention de la main sur la matière à la recherche de la forme, dans des rondeurs généreuses et angles atténués.

Cette pièce massive arbore un fond robuste qui donne de la prestance à la pièce s’affine à mesure que la lèvre approche. Une panse qui se déhanche et un bord décoré de colliers lui confère une touche d’élégance. Une pièce gracieuse qui séduit !

 

André Marfaing (1925-1987)

Dans la toile de 1963, la composition est basée sur une gestuelle rapide, abstraite, très expressionniste mais bien construite sur un effet de contrastes : un ensemble de traces noires et grises sur fond clair. La partie basse et le haut noir sont reliés par des coups de brosses énergiques et entrecroisés. Aujourd’hui, la peinture contemporaine travaillée dans la même veine, rencontre encore beaucoup de succès.

Peintre français, non figuratif, né à Toulouse. Il a travaillé l'huile, l'acrylique et la gravure, utilisant essentiellement le noir, dans une peinture abstraite, ascétique, parfois proche de l'idéogramme…

Focus

La Borne, foyer incontournable de la céramique en France 

La Borne est un centre de potiers très ancien dans le Berry, enveloppé de forêts.  Il est aisé pour les potiers de s’installer dans ce village :  on y trouve du bois et de l’argile à profusion aux alentours. Au 19e siècle, des milliers de pièces en grès émaillés seront produites et par les plus grands potiers.

Ce centre est très visité dans les années 60. Il est un pôle de modernité et le grès est une céramique qui plaît au public. Elle est fonctionnelle et représente le retour à l’artisanat.

Au 19e siècle, on peut parler d’âge d’or à La Borne avec le travail de Marie Talbot. Les fours et ateliers se multiplient et le village comptera plus de 80 artisans potiers pour un petite village de 700 habitants.

La borne connaîtra une longue période de déclin jusqu’à l’arrivé du couple Jean et Jacqueline Lerat, d’Anne Kjaersgaard, Vassil Ivanoff. En gardant comme expression la poterie, ses artistes et leurs diverses inspirations parviendront à faire de ce village le lieu incontournable tel qu’on le connait aujourd’hui.  

Les mots de l'expo

Grès : Le grès est naturellement étanche après cuisson. Il se vitrifie en raison d’une forte proportion de silice et d’une cuisson vers 1250-1300°. Il n’est donc pas nécessaire de l’imperméabiliser à l’aide d’une glaçure.   

Vernis au sel : ll s’agit de provoquer la formation d’un vernis vitreux par projection de sel marin (chlorure de sodium) au cours de la phase finale d’une cuisson de grès (environ 1250°C). Sous l’effet de la chaleur, le sel se décompose en chlore, qui s’évacue sous forme de vapeur, et de sodium qui, en se combinant avec le tesson des pots, forme une couche très mince d’alumino-silicate de soude, donc une glaçure.

Argile chamotté :  la terre chamottée est composée d'argile lisse, à laquelle est ajoutée de la chamotte : de l'argile ayant été cuite et broyée.

Engobe : c’est un enduit terreux liquide et délayé avec des colorants, appliqué sur les pièces avant la cuisson.

Biographies choisies

Jacqueline Lerat (1920-2009)

Céramiste de renom, Jacqueline étudie le dessin à l’Ecole des Beaux-Arts de Macon. Après un passage à l’école nationale des arts décoratifs de Paris, elle fait son apprentissage de la céramique auprès d’Anne Dangar à Moly-Sabata (Isère). En 1942, elle rencontre Jean Leurat qu’elle épouse en 1945. Cette même année, ils s’installent à La Borne et font le choix de lier leur travail au grès et à la cuisson au bois. Dans la lignée de ses prédécesseurs, la production de Jacqueline est d’abord utilitaire. En 1955, elle rompt avec cet héritage pour tendre vers la sculpture. Son parcours d’artiste, la maîtrise de son art et son intérêt pour la création artistique au sens large, lui ouvrent les portes de l'enseignement à l’Ecole nationale supérieure d’art de Bourges à partir de 1966.

 

Claude Champy (1944)

Claude Champy se forme en 1964 à la céramique à l’école des Arts Appliqués et des Métiers d’Art de Paris. Deux années d’apprentissage pendant lesquelles il rencontre la jeune allemande Nani Schott, qui deviendra sa femme. Dès 1965, il fait la rencontre à la Borne de Joulia, Ivanoff, Mestre ainsi que le couple Lerat. C’est dans une faïencerie industrielle qu’il débute son parcours mais dès 1972, il quitte l’usine pour se concentrer pleinement à son propre travail. Il travaille le grès et la terre chamottée dans la maison familiale à Plaisir (Yvelines) à travers les formes traditionnelles de la poterie mais aussi par grands thèmes auxquels il revient régulièrement. Il est un des céramistes français reconnus à l'échelle internationale et le Japon le distingue en 1988 par le Grand Prix de muse Suntory de Tokyo.

Programmation & Bibliographie

PROGRAMMATION

En écho aux oeuvres de cette salle, le musée propose une déambulation musicale autour du désir ! Rendez-vous le 29 mars !

 

SÉLECTION DE LA BIBLIOTHÈQUE DU MUSÉE

Sur La Borne :

  • Hugues Magen : La Borne 1940-1980. Bibliothèque du Musée Joseph Déchelette : Cote : 7050 A
  • La Revue de la céramique et du verre 2001 : La Borne un village et ses alentours de 1941 à nos jours. Bibliothèque du Musée Joseph Déchelette : Cote : P 503 /118

Sur Jacqueline Lerat :

  • Jean-François Lerat : JJLerat et les amazones de Bourges.  Bibliothèque du Musée Joseph Déchelette : Cote : 8121 B
  • Salima Hellal : Par le feu, la couleur : céramiques contemporaines. Bibliothèque du Musée Joseph Déchelette : Cote : 6899 B
  • Jean-Roch Boullier : Jacqueline Lerat : L'Être et la forme, Cité de la Céramique, Sèvres,  Bibliothèque du Musée Joseph Déchelette : Cote : 6739 B

Sur Claude Champy :

  • Muriel Champ  : Claude Champy Stardust / Poussières d'étoiles. Bibliothèque du Musée Joseph Déchelette : Cote : 8281 B
  • Musée Bernard Palissy (Lacapelle-Biron) : Céladon : Claude Champy et Jean-François Fouilhoux. Bibliothèque du Musée Joseph Déchelette : Cote : 7032 A
  • Lucien Curzi  : Champy, Bibliothèque du Musée Joseph Déchelette : Cote : 5165 B