Dans la mythologie, Sisyphe est surtout connu pour son châtiment, consistant à pousser une pierre au sommet d’une montagne, d’où elle finit toujours par retomber. Ce «rocher de Sisyphe » a donné une expression de la langue courante pour caractériser une tâche ardue qu’il faut sans cesse reprendre. La métaphore est évidemment aussi celle de l’artiste qui remet chaque jour sur l’ouvrage le travail de l’art. L’idée de cette exposition est donc de réunir deux artistes aussi obstinés que joyeux.

La démarche picturale de Marielle Paul est portée par un questionnement autour de la forme, de son ambiguïté, de son instabilité. Selon ses propres mots, ses peintures ouvrent de multiples interrogations : « À partir de quand reconnaît-on une fleur, une feuille, un paysage, un rocher ? Quand la peinture bascule-t-elle dans un paysage, une image, un tableau abstrait, une forme baroque ? Ou au contraire quand la peinture bascule-t-elle dans l’abstrait, le décoratif ? » Au bonheur de la gouache, de la lumière des saisons, des lieux imaginaires s’emplissent de soleils roses et d’arabesques.

Régis Perray écoute, ressent et explore les lieux, leur matérialité, leur mémoire, leur présent et leur passé. Il construit avec eux une dimension empathique et vient progressivement l’habiter. Les oeuvres, souvent créées in situ en écho avec les espaces et les collections déjà présentes, génèrent une expérience singulière des lieux qui les accueillent et c’est bien dans cet esprit qu’il lui sera confié les salles de l’Hôtel Valence et la cour du musée.