La pause des Sisyphe(s) heureux : Marielle Paul & Régis Perray

30 juin - 12 octobre 2021

Pour avoir défié les dieux, Sisyphe fut condamné à faire rouler éternellement jusqu’en haut d’une
colline un rocher qui, à chaque arrivée, redescendait tout en bas (Homère, Odyssée, chant XI). Albert
Camus, en 1942, fait de Sisyphe un homme heureux, complètement investi dans ce monde qui est
devenu le sien et dévoué à son interminable tâche.

Tels deux Sisyphe(s), éprouvant la satisfaction du travail obstinément accompli, Marielle Paul et
Régis Perray proposent une entrée singulière dans leurs mondes, une immersion totale dans ce qui
constitue leur art.

L’exposition estivale du musée Déchelette est une respiration, une pause légère et joyeuse menée
de main de maître par deux artistes contemporains aux univers heureux. Des retrouvailles muséales
à la hauteur des attentes de visiteurs amoureux de l’art, longtemps privés de la joie de visiter une
exposition !

Nathalie Pierron, ancienne directrice du musée est la commissaire de cette exposition, initialement
prévue durant l’été 2020.

La démarche picturale de Marielle Paul (née en 1960 vit et travaille à Paris) est portée par un questionnement autour de la couleur, des formes, de leurs ambiguïtés. Selon ses propres mots, ses peintures ouvrent de multiples interrogations : « À partir de quand reconnaît-on une fleur, une feuille, un paysage, un rocher ? Quand la peinture bascule-t-elle dans un paysage, une image, un tableau abstrait, une forme baroque ? Ou au contraire quand la peinture bascule-t-elle dans l’abstrait, le décoratif ? » Au bonheur de la gouache, de la lumière des saisons, des lieux imaginaires s’emplissent de soleils roses et d’arabesques. L’exposition présentera 30 années de travail artistique.

Régis Perray (né en 1970 à Nantes) écoute, ressent et explore les lieux, leur matérialité, leur mémoire, leur présent et leur passé. Dans les salles du parcours permanent, il s’adonne, tel un chef d’orchestre, à un jeu de réassemblage des collections, brouillant les limites entre espace de travail des équipes et espace de déambulation. Les coulisses du musée et le travail d’arrière-plan souvent invisibles, remontent à la surface pour réveiller, avec humour et curiosité, des salles trop longtemps figées.